SNCF. Guillaume Pepy veut un grand débat sur l'avenir des petites lignes

Un TER en gare de Bayeux, dans le Calvados.
Un TER en gare de Bayeux, dans le Calvados.
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« Un peu d'émotion et un peu de raison » : le patron de la SNCF aimerait examiner les petites lignes au cas par cas, avec les citoyens, les entreprises et les associations.

Deux jours après avoir inauguré la nouvelle gare de Rennes, le patron de la SNCF Guillaume Pepy a appelé vendredi à « débattre » de l'avenir des petites lignes ferroviaires, menacées de disparition dans plusieurs régions.

« C'est un sujet sur lequel notre pays est extraordinairement émotionnel. C'est bien d'être émotionnel, mais ce n'est pas complètement idiot non plus, de temps en temps, d'être rationnel », a estimé Guillaume Pepy lors d'un débat aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). 

« Il faut essayer de faire un peu des deux : un peu d'émotion et un peu de raison », a-t-il estimé. « Si on vote émotionnellement, tout le monde est pour les petites lignes, surtout quand il ne les utilise pas », a-t-il répondu. 

« C'est le contribuable qui paie »

Or, « il faut être clair », a rappelé Guillaume Pepy: « c'est le contribuable qui paie » leur surcoût, « ce n'est pas le voyageur. » 

« Le contribuable, il a le droit de poser des questions, quand même. Il a le doit de dire: est-ce bien raisonnable? », a-t-il relevé. 

Notant que les petites lignes coûtent à la collectivité 1,7 milliard d'euros par an - soit 16% des concours publics au secteur ferroviaire - pour 2% des voyageurs, l'ancien patron d'Air France Jean-Cyril Spinetta estimait, dans un rapport rendu au gouvernement en février 2018, « a minima à 1,2 milliard d'euros annuels » l'économie réalisée si on les fermait toutes pour les remplacer par des autocars. 

La première solution est pour Guillaume Pepy de réduire le déficit « en étant plus efficace pour [exploiter] ces petites lignes ». « Ça, c'est notre boulot, et on a présenté une centaine de pistes pour baisser en gros de 15 à 20% les coûts »

Mesurer le rapport coût/efficacité des petites lignes

Il faudrait aussi « un débat citoyen, qui est de regarder pour chacune de ces petites lignes quel est l'avantage qu'elle procure à la population et quel est le coût qui est en face. Ce débat-là est très tabou en France », a-t-il poursuivi. 

« Ce qu'on souhaite, ce n'est pas qu'on ferme les petites lignes, ce n'est pas qu'on les gélifie, mais qu'on ait, comme un pays mature, un débat démocratique avec les citoyens, avec les associations, avec les entreprises, sur le rapport coût/efficacité de chacune de ces petites lignes », a expliqué le patron de la SNCF. 

Un diagnostic en cours

« A la fin, peut-être qu'il faut en garder 90% ; il faut peut-être en garder 70%... Mais en tous cas il faut débattre », a-t-il martelé. 

Devant le tollé suscité par les préconisations de Jean-Cyril Spinetta l'an dernier, le gouvernement s'était refusé à fermer les petites lignes, rebaptisées « lignes de desserte fine du territoire ». La ministre des Transports Elisabeth Borne a chargé en janvier le préfet François Philizot d'en réaliser un diagnostic complet et de proposer des solutions au cas par cas.